Le corps des enseignants-documentalistes est engagé dans un processus de professionnalisation qui le mène vers la légitimation d'un
mandat pédagogique spécifique. Pour ce faire, trois directions doivent encore être prises et menées plus avant :
1. la rationalisation des contenus enseignables : les savoirs scolaires de l'information-documentation commencent tout
juste à être discutés. Mais un grand effort de scientifisation doit encore être fourni, synthétisant les apports à venir de
l'observation des connaissances expériencielles et des comportements documentaires des élèves et de l'analyse des pratiques pédagogiques
des professeurs-documentalistes, dans un rapport étroit aux savoirs disciplinaires de référence (SIC) ;
2. l'évaluation des apprentissages : l'évaluation reste un outil de valorisation épistémologique (légitimation de la
valeur des contenus d'enseignement), pédagogique (régulation de la formation de l'élève), statutaire (reconnaissance de la mission
pédagogique de l'enseignant-documentaliste) et social (validation des compétences documentaires des élèves au sortir de l'école). Ce
dernier point mérite d'être approfondi afin qu'il existe une attestation sociale, validée par l'institution, des acquis documentaires
permettant à l'élève de les faire valoir à son entrée dans la société ;
3. la formation pédagogique des enseignants-documentalistes : la formation des personnels à la didactique de
l'information est une urgence. Elle doit devenir un outil d'acculturation aux savoirs de référence, au repérage des difficultés des
élèves et aux méthodes pédagogiques. Il revient à la profession d'exiger et de construire une offre de formation académique à la hauteur
des chantiers et des évolutions à venir.
Sans oublier la nécessaire collaboration à développer entre le terrain et la recherche...